sous la présidence d’Adrien Blouët,
Lauréat du Prix Écrire la ville en 2019.
avec le soutien de :
éd. Baconnière, 2023, 88 pages.
J’ai aimé profondément une ville – Moscou – qui a changé avec le temps, une partie de ce que j’aimais a disparu. J’ai commencé un récit dans lequel elle serait l’héroïne, un essai sur ses motifs réels ou fantasmés, ses trous et l’immensité du pays tout autour. Ce territoire est devenu un corps de rumeurs et de fossiles marins, un corps d’amours et de souvenirs, un corps d’une insoutenable violence.
Isabelle Cornaz a vécu longuement à Moscou où elle a travaillé en qualité de journaliste. Se remémorant les détails de sa vie moscovite, elle dresse, dans La nuit au pas, un portrait ambivalent de la ville. S’y dévoile le corps de Moscou, ses cours intérieures, ses lieux invisibles et les marques de sa gentrification. Le récit s’éloigne ponctuellement de la capitale, de la proche banlieue jusqu’au cercle polaire, en survolant les villes secrètes de Russie.
Entre le songe des souvenirs et la réalité de la guerre qui traverse le récit comme des déflagrations, on avance au pas dans ce paysage désormais inaccessible à l’auteure.
La nuit au pas est un récit sur notre rapport à l’espace, à la mémoire et à la disparition.
éd. Points, 2023, 192 pages.
Casablanca, 1951. Gabrielle Kaplan, détective privée téméraire et pétillante, se voit confier une affaire a priori banale : récupérer des documents chez la femme d’un riche industriel en plein divorce. Pourtant, une fois ces documents remis, des meurtres s’enchaînent et Kaplan est traquée par des barbouzes de tout poil. CIA, truands corses et hommes politiques du protectorat s’entrecroisent dans ce Maroc d’après-guerre qui commence à rêver d’indépendance…
Melvina Mestre a grandi à Casablanca. Elle a effectué toute sa carrière dans les médias et travaille depuis 2000 à France Télévisions. Crépuscule à Casablanca est son premier roman, et le début d’une épatante série très documentée mêlant enquêtes policières et espionnage dans le Maroc des années 1950.
éd. de l’aube, 2019, 384 pages.
Au début des années 1980, l’inspecteur Peng Yetai de la Sécurité publique de Pékin est chargé d’une affaire de meurtre. On vient de découvrir le cadavre squelettique d’un homme, vêtu d’habits qui ne sont pas les siens et abandonné dans une ruelle.
Faisant appel à la sagacité de son ami Li Jianjia, juge du tribunal populaire du district Chonwen, il cherche désespérément à identifier la victime. Les découvertes du corps d’une femme, puis de deux autres hommes, se succèdent dans un bref intervalle et leur fournissent quelques indices ténus qui convergent vers un village du Jiangxi. Leur enquête révèle des plaies restées vives, témoignant d’une violence atroce qui s’est déchaînée, et se déchaîne encore, tandis que les luttes politiques et personnelles s’entremêlent jusqu’à la catharsis finale… Jusqu’où des traumatismes indicibles peuvent-ils conduire ?
Michel Imbert, né le 20 décembre 1961, est un écrivain français, auteur de quelques romans historiques ayant pour cadre la République populaire de Chine. Il publie aussi, sous le pseudonyme de Mi Jianxiu, des romans policiers, parfois historiques, parfois contemporains, mais toujours situés en Chine.
éd. Seuil, 2022, 176 pages.
Entre Paname et sa banlieue : un quartier, un parking, une friche, des toits, une dalle. Des coffres de voitures, chaises de camping, selles de motocross et rebords de fenêtres, pour se poser et observer le monde en train de se faire et de se défaire. Une pyramide, comme point de repère, au beau milieu de tout ça.
Astor, Chérif, Issa, Demba, Nil et les autres se connaissent depuis toujours et partagent tout, petites aventures comme grands barbecues, en passant par le harcèlement policier qu’ils subissent quotidiennement.
Un soir d’été, en marge d’une énième interpellation, l’un d’entre eux se fait abattre. Une goutte, un océan, de trop. Le soulèvement se prépare, méthodique, inattendu. Collectif.
Diaty Diallo a grandi entre les Yvelines et la Seine-Saint-Denis, où elle continue d’habiter aujourd’hui. Elle pratique depuis l’adolescence différentes formes d’écriture : de la tenue journalière d’un Skyblog à quinze ans à la rédaction d’un livre aujourd’hui, en passant par la création de fanzines et la composition de dizaines de chansons. Deux secondes d’air qui brûle est son premier roman.
Serge Safran éditeur, 2023, 416 pages.
Shiv travaille à Londres pour une firme de recyclage de déchets. Sa hiérarchie l’envoie à Bombay, dans son pays natal, pour une mission d’envergure. Près du bidonville de Grandapur, Shiv retrouve le bungalow qui abrite sa mère adoptive Shantiji et sa famille. Ainsi que son meilleur ami, Lénine, homosexuel en lutte et frère de Laleh, son grand amour dont il a dû se séparer et qui le hante encore.
Shiv découvre un pays sous tension et assiste à des affrontements entre hindous et musulmans, riches et pauvres, partisans des traditions et du progrès… Une Inde multiple, pleine de secrets, confrontée aux désastres écologiques et humanitaires. Magouilles, empoisonnements, meurtres même, sont autant d’obstacles qui rendent sa mission quasi impossible.
Marie Saglio, née à Paris en 1969, enseigne l’anthropologie de l’Inde contemporaine à l’Inalco. Elle est spécialiste de l’exclusion sociale, des bidonvilles d’Inde et du Brésil et des questions migratoires. Elle est également psychologue clinicienne auprès de populations exilées dans la consultation de psycho-traumatisme de l’hôpital Avicenne de Bobigny. Auteure de plusieurs ouvrages scientifiques et essais, Bombay est son premier roman.
éd. seuil, 2021, 288 pages.
Depuis la villa de Jean et Baya, la Méditerranée scintillante donne à penser que tout est paisible. Mais à l’approche du solstice, la colline où habite le couple est bientôt parcourue de diffuses menaces, à peine perceptibles mais bien réelles : d’invisibles sangliers saccagent les jardins ; des règlements de comptes entre bandes rivales défraient la chronique de Liguria, la ville la plus proche ; une inconnue habite depuis peu la maison vide près de la falaise…
Née en 1986, Fanny Taillandier est agrégée de lettres. Après un premier roman, Les Confessions du monstre, en 2013, elle a publié en 2016 une fiction documentaire, Les États et empires du Lotissement Grand siècle, qui a reçu le prix Virilo, le prix Révélation de la SGDL et le prix Fénéon. Elle écrit aussi des textes pour des revues telles que Mouvement ou Urbanités, et participe à différents croisements artistiques (Rencontres d’Arles, festival Hors pistes, Muerto Coco). Elle vit et travaille en Seine-Saint-Denis.
éd. Seuil, 2023, 336 pages.
* Lauréat Prix Écrire la ville *
2024
Un récit intime et politique aux sources de la violence des jeunes garçons.
Le 23 février 2021, Toumani, 14 ans, est tué dans une rixe. Lorsqu’il apprend que les adolescents étaient originaires du Vieillet – une cité de Quincy – et d’Épinay – sous – Sénart, Olivier Bertrand est troublé : la victime et le garçon qui s’accuse d’avoir porté les coups de couteau mortels habitent dans les deux villes où l’auteur a passé une partie de sa jeunesse.
Des images reviennent soudain et avec elles le temps des escapades à la dérobée, des flirts, des bagarres. Il y avait des cris, des heurts, de la provocation, mais pas de rixe. Pourquoi une telle violence aujourd’hui ? De retour à Épinay, le journaliste est comme un étranger. Les témoins se dérobent : les adolescents bien sûr, mais aussi les familles, les éducateurs, les élus et les policiers.
À mesure que les rencontres sont plus denses, l’enquête prend toute sa valeur, entremêlant les origines possibles de la rixe et un cheminement autobiographique. Le livre devient alors le récit sensible d’un homme qui, ayant su questionner sa propre violence, nous entraîne dans cette traversée subtile des banlieues.
Olivier Bertrand est journaliste, auteur et documentariste. Il a longtemps écrit sur les banlieues françaises pour le quotidien Libération. Il a déjà publié Les Imprudents (Seuil, 2019).











